1. Une identité forte : jouer sur ses points forts
Zinédine Zidane possède une caractéristique que l'on retrouve chez les grands champions : il connaît parfaitement son identité. Lorsqu'il était joueur, il ne cherchait pas à devenir quelqu'un d'autre. Il connaissait ses qualités. Sa technique, sa vision du jeu, sa capacité à ralentir ou accélérer, son intelligence dans les espaces et sa faculté à faire jouer les autres constituaient son identité. Il jouait sur ses points forts.
Aujourd'hui, comme sélectionneur, il semble vouloir conserver cette même philosophie. Pour construire une équipe performante, il faut d'abord savoir quelle équipe on souhaite être :
Quelle attitude lorsque le match devient difficile ?
Cette notion est essentielle en préparation mentale. Un sportif qui connaît son identité possède un point de repère auquel il peut revenir lorsque la pression ou les difficultés apparaissent. Il peut ensuite s'adapter à son adversaire ou aux événements sans perdre ce qui fait sa force.
C'est également ce que je recherche dans mes accompagnements en coaching mental : permettre au sportif d'identifier ses ressources et de pouvoir s'appuyer dessus dans les moments importants. Découvrir le coaching mental sportif
Être capable d'exprimer pleinement qui l'on est
La performance optimale ne consiste pas à devenir quelqu'un d'autre. Elle consiste souvent à être capable d'exprimer pleinement qui l'on est et ce que l'on sait faire. C'est aussi l'une des conditions permettant d'accéder à ce que l'on appelle la Zone, cet état dans lequel la performance devient plus fluide, instinctive et efficiente.
2. L'obligation de moyens plutôt que l'obsession du résultat
Zinédine Zidane est un compétiteur. Il est évident que son ambition avec l'équipe de France est de gagner. Il veut aller chercher des titres. Il veut emmener les Bleus le plus loin possible. Mais vouloir gagner est très différent de vivre avec l'obligation absolue de gagner. Cette distinction est fondamentale en préparation mentale.
Le résultat est évidemment important dans le sport de haut niveau. Mais il ne dépend jamais totalement du sportif ou de l'entraîneur. Un poteau, une décision arbitrale, une erreur adverse, une blessure ou un événement inattendu peuvent modifier le scénario d'un match.
En revanche, le joueur peut agir directement sur ses moyens : son engagement, ses choix, sa concentration, son attitude, sa communication et sa capacité à répondre aux situations. C'est pourquoi je parle souvent d'obligation de moyens plutôt que d'obligation de résultat.
Cette posture semble particulièrement naturelle chez Zidane. Il sait qu'il doit gagner. Mais il ne semble pas porter cette obligation comme un poids permanent qui viendrait perturber son quotidien. Et cette différence est essentielle.
Lorsque le sportif se focalise excessivement sur le résultat, son attention peut quitter le jeu. Il ne pense plus uniquement à ce qu'il doit faire. Il pense aux conséquences :
« Et si je fais une erreur ? »
Le cerveau se retrouve alors davantage tourné vers une situation future que vers l'action présente. À l'inverse, accepter que l'on ne maîtrise pas tout permet de revenir à l'essentiel : faire de son mieux avec ce que l'on possède aujourd'hui. C'est cette liberté qui permet au sportif de jouer son jeu. Et paradoxalement, c'est parfois en cessant de vouloir absolument contrôler le résultat que l'on crée les meilleures conditions pour l'obtenir.
Un objectif ne doit jamais devenir une prison mentale
Un objectif doit donner une direction et permettre de construire un plan d'action. Lire également : Comment définir son objectif ?
3. La confiance et le relationnel au cœur de la performance
L'un des autres éléments particulièrement intéressants dans la posture de Zinédine Zidane concerne sa relation avec ses joueurs. Plusieurs d'entre eux le décrivent comme accessible, proche et disponible. Cela peut sembler anecdotique. Ça ne l'est pas.
Dans le sport de haut niveau, le relationnel entre un entraîneur et son joueur est une véritable pierre angulaire de la performance. Un entraîneur peut avoir des attentes extrêmement élevées. Il peut demander énormément. Mais le joueur doit également sentir que son entraîneur croit en lui.
La confiance donnée crée les conditions permettant à l'autre de prendre ses responsabilités. Un joueur qui sait que son entraîneur lui fait confiance sera davantage susceptible d'oser. Et oser est indispensable au haut niveau.
La confiance ne signifie évidemment pas tout accepter. Elle signifie pouvoir dire à un joueur :
Dans le premier cas, l'exigence s'accompagne de confiance. Dans le second, elle peut devenir une pression supplémentaire.
L'entraîneur de haut niveau doit également être capable de s'adapter à chaque personnalité :
Certains joueurs ont besoin d'être rassurés.
D'autres ont besoin d'être challengés.
Certains ont besoin de beaucoup d'informations.
D'autres ont besoin de davantage de liberté.
Il n'existe donc pas nécessairement une seule manière de manager. Il faut connaître son joueur, l'écouter, comprendre son fonctionnement et adapter son discours. C'est précisément cette qualité relationnelle qui peut permettre à un collectif de haut niveau de fonctionner.
Et dans ce domaine, l'expérience de Zinédine Zidane comme joueur de très haut niveau constitue évidemment une richesse considérable. Il sait ce que représente la pression. Il sait ce que signifie entrer sur un terrain avec des millions de personnes qui attendent une performance. Et il sait surtout ce que cela change lorsqu'un joueur se sent pleinement soutenu.
Exigence et confiance
« J'attends beaucoup de toi parce que je sais que tu es capable de le faire. »
Exigence et pression
« Tu dois absolument réussir. »
4. S'adapter pour construire un collectif
Les premiers matchs d'un sélectionneur sont toujours particuliers. Il dispose de très peu de temps pour travailler. Il doit découvrir les personnalités. Observer les joueurs. Comprendre les complémentarités. Tester les associations. Et pourtant, il doit déjà obtenir des résultats.
Zidane semble avoir choisi de ne pas figer immédiatement son équipe. Il a fait tourner son effectif et donné du temps de jeu à différents profils. Cette approche révèle une qualité fondamentale dans la performance : l'adaptabilité.
Il ne s'agit pas simplement de modifier une composition. Il s'agit d'accepter que l'on ne peut pas tout savoir immédiatement. Il faut observer. Expérimenter. Analyser. Ajuster. Puis recommencer.
Cette capacité d'adaptation est également fondamentale chez le sportif. Un match ne se déroule jamais exactement comme prévu. L'adversaire change. Le contexte évolue. Les émotions apparaissent. Une stratégie peut fonctionner pendant trente minutes puis devenir inefficace.
La performance nécessite donc de posséder un cadre suffisamment solide pour savoir où l'on veut aller, mais suffisamment souple pour pouvoir s'adapter à ce qui se passe réellement. C'est un équilibre particulièrement important :
Avoir une identité sans devenir rigide.
Avoir un plan sans être prisonnier du plan.
Avoir des certitudes tout en restant capable d'apprendre.
Zidane semble aujourd'hui être dans cette phase d'observation et de construction. Il ne cherche pas uniquement à trouver les onze meilleurs joueurs. Il cherche probablement à comprendre quels joueurs peuvent fonctionner ensemble. Et cette nuance est fondamentale.
5. Faire confiance à la nouvelle génération pour construire sur le long terme
Enfin, l'un des messages les plus forts envoyés par Zinédine Zidane concerne la place accordée à la nouvelle génération. Donner leur chance à de nouveaux joueurs ne constitue pas simplement un choix sportif. C'est également un message de confiance :
« Je vous donne votre chance. »
« À vous maintenant de saisir cette opportunité. »
Cette démarche témoigne d'une vision qui semble dépasser le prochain match. Une équipe nationale ne se construit pas uniquement pour aujourd'hui. Elle doit également préparer demain :
Faire émerger une culture commune.
Développer des complémentarités.
Identifier les joueurs capables de s'inscrire durablement dans le projet.
Zidane peut ainsi chercher à construire progressivement un socle de joueurs partageant un même ADN collectif, tout en conservant leurs qualités individuelles. C'est une notion fondamentale dans la performance collective. Une grande équipe n'est pas nécessairement constituée de joueurs qui se ressemblent. Elle est souvent constituée de joueurs différents, complémentaires, capables de mettre leurs qualités individuelles au service d'un projet commun.
Un message particulièrement fort pour les jeunes joueurs
Lorsqu'un entraîneur leur accorde sa confiance, il leur donne une responsabilité. Et cette responsabilité peut devenir un formidable moteur de performance.
Zidane : créer les conditions pour que les joueurs jouent leur jeu
Au fond, ce qui m'intéresse dans la prise de fonction de Zinédine Zidane dépasse largement le football. Elle permet d'illustrer plusieurs principes fondamentaux de la préparation mentale :
S'appuyer sur ses points forts.
Accepter ce que l'on ne maîtrise pas.
Construire dans le temps.
Ces principes concernent évidemment les sportifs de haut niveau. Mais ils concernent également les entraîneurs, les dirigeants et les étudiants que j'accompagne dans mon activité de coaching mental. Car les problématiques sont finalement souvent les mêmes. Que l'on soit sur un terrain de football, dans une entreprise ou face à un examen, la question est toujours de savoir comment mobiliser pleinement ses ressources lorsque l'enjeu devient important.
La performance optimale ne consiste pas à supprimer la pression. Elle consiste à apprendre à fonctionner avec elle.
Elle ne consiste pas à contrôler tout ce qui va se passer. Elle consiste à savoir ce que l'on peut contrôler et à concentrer son énergie dessus.
Elle ne consiste pas à devenir quelqu'un d'autre. Elle consiste à être capable d'exprimer pleinement ses propres ressources.
C'est ce que représente pour moi la Zone : un état dans lequel le sportif peut être pleinement connecté à son action, à ses compétences et à son environnement.
Zinédine Zidane l'a connu comme joueur. Aujourd'hui, son rôle est différent. Il ne doit plus entrer lui-même dans la Zone. Il doit créer les conditions permettant à ses joueurs d'y entrer. Et c'est peut-être finalement l'une des clés de sa réussite avec les Bleus.
Un grand entraîneur ne joue pas à la place de ses joueurs. Il leur donne un cadre. Une direction. De la confiance. Des responsabilités. Et suffisamment de liberté pour qu'ils puissent exprimer leur meilleur niveau. Jouer son jeu. Faire confiance à ses ressources. Et laisser la performance s'exprimer.
C'est également l'essence du travail que je propose en préparation mentale et coaching mental : accompagner chacun pour qu'il puisse mobiliser pleinement ses ressources et atteindre son niveau de performance optimal, sans perdre ce qui fait son identité.
Découvrir mon approche de la préparation mentale et du coaching mental